Chez elle, rien n’est normé. De ses idées à sa sensibilité, Zélie joue avec les règles et principes, tant qu’ils vont de pair avec le respect d’autrui. Son discours est déconstruit alors qu’elle empile les briques des identités et de leur pluralité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est dorénavant en charge du projet “Intersection”, basé sur les questions de genre, de racisme et toutes celles relatives à la communauté LGBTQIAP+. D’une commune à une autre, d’une école à une autre, d’une classe à autre, les problématiques varient et Zélie s’adapte constamment à son public pour mettre le doigt sur les sujets qui peuvent cristalliser les tensions entre élèves.
Pour Zélie, la pédagogie est avant tout un jeu. Elle qui a étudié la comédie au Conservatoire royal de Bruxelles en est également ressortie agrégée. Elle aime créer, inventer, innover. C’est aussi pour ça qu’elle participe aux deux cycles de prise de parole de Réciproque : primaire et secondaire. Celle qui dit regretter l’insouciance de son enfance a fait ses armes auprès des scouts, la passion de l’humain, l’autonomie et la liberté collées aux basques terreuses.
De Zélie, on pourrait dire qu’elle est plurielle, car dans l’asso, on lui trouve toujours de nouvelles missions. Zélie est chargée de projet, mais elle peut être graphiste, modératrice de podcast, animatrice, coach, parfois poétesse en feu pour Parresia, illustratrice… Une diversité de tâches qui parfois sème le doute en elle, elle qui finalement aime le cadre… mais le cadre hors système (surtout s’il est patriarcal et hétéronormé). Un carré un peu circulaire, comme pour arrondir les angles.
Au sein des jeunes Ambassadeur·rice·s, Zélie est (re)connue comme une oratrice hors pair. Celle qu’on savoure écouter, celle par qui on rêve d’être formé·e·s. Telle une sorcière des temps modernes, aux cheveux turquoises, violets ou magenta, elle détient le pouvoir des mots, qu’elle saupoudre d’un soupçon d’accusation anti-capitaliste ou d’amour adelphe. Grâce à son verbe et à ses gestes, elle a remporté le concours Révérence, finale des finales du projet Réciproque. À la question “Sommes-nous des oiseaux de passage ?”, elle a notamment répondu ceci :
“Nous sommes toustes des oiseaux de passages
Il y en a qui passent
pour faire résonner
le beau
la couleur de nos plumes
la douceur de nos chants
Pour
Surprendre les vautours
Faire trembler les charognards
Et il y en a qui passent
Pour laisser des traces sombres
Des coups de griffes
Confondant liberté
Et individualité
Nous sommes autant
Les poètes·sses ivres
ayant soif de liberté
Que les businessmen
pensant pouvoir posséder les étoiles.”